C'est une question qui revient en rendez-vous, souvent amenée avec prudence : « et vous, vous mettez combien de projecteurs ? Â»

Je comprends d'où elle vient. Les futurs mariés comparent des photos de prestations, et sur une photo, le matériel se compte. Alors on compte.

Sauf que c'est devenu, en quelques années, l'indicateur le moins fiable qui soit. Voici pourquoi.

Ce qui a changé, ce n'est pas la lumière. C'est son prix.

Il y a dix ans, arriver avec une batterie de lyres motorisées voulait dire quelque chose. Chaque appareil représentait un investissement sérieux, amorti sur des années. Un gros parc était, littéralement, la preuve d'un parcours.

Aujourd'hui, le marché d'entrée de gamme a fait s'effondrer les prix. Un projecteur qui coûtait le prix d'une voiture d'occasion s'achète désormais pour quelques centaines d'euros, livré en quelques jours.

Empiler du matériel ne prouve donc plus un investissement. Ça prouve une commande.

Je ne dis pas que ce matériel ne fonctionne pas. Je dis que sa quantité ne vous apprend plus rien sur le professionnel que vous avez en face de vous. De mon côté, j'ai fait le choix inverse : mes lyres coûtent environ quatre fois le prix de celles qu'on empile par dix. J'en ai donc beaucoup moins. C'est un choix, pas une économie.

Vous avez choisi votre salle. Ne la faites pas disparaître.

Pensez à la raison pour laquelle vous avez retenu votre lieu de réception. Une charpente, une orangerie vitrée, un mur de briques, une hauteur sous plafond, un parc. Vous avez visité plusieurs domaines, et celui-là vous a pris quelque chose.

Maintenant, imaginez dix-huit projecteurs alignés sur des structures tout autour de la piste, allumés en bleu électrique dès le début du repas.

La salle a disparu. Il reste une boîte de nuit montée dans un château.

Et ce n'est pas qu'une question de goût : vos photos en portent la trace toute la soirée. Un photographe compose avec la lumière qu'on lui laisse. Trop de couleur saturée, trop de faisceaux dans le champ, et des visages virent au bleu sur des clichés que vous regarderez pendant trente ans.

Décoration d'ambiance lumineuse autour de la table d'honneur d'un mariage dans le Nord
Une salle habillée, pas recouverte. La lumière souligne le lieu au lieu de le remplacer.

Ce qui fait un bel éclairage, ce n'est pas le nombre

Trois choses comptent bien davantage.

Où les projecteurs sont posés. Quatre appareils bien placés, qui éclairent la piste des deux côtés sans éblouir personne, feront toujours mieux que douze alignés au même endroit parce qu'il n'y avait qu'une prise de courant disponible.

Le brouillard. C'est lui qui rend un faisceau visible. Sans lui, vous avez une tache de couleur au sol et rien dans l'air : ajouter quatre projecteurs n'y changera strictement rien. C'est la raison pour laquelle une machine à brouillard est comprise dans mes formules dès la première.

Le rôle de chaque appareil. Les lyres wash donnent sa couleur à la piste, les lyres spot découpent le brouillard et marquent les moments forts. Deux métiers différents. J'ai déjà écrit pourquoi certains appareils très spectaculaires n'ont, eux, rien à faire dans un mariage.

Pour aller plus loinÀ quoi sert vraiment la lumière dans un mariage →Le détail de mes formules →

Et quand il en faut vraiment plus ?

Ça arrive, et je serais malhonnête de prétendre le contraire.

Une salle très longue, dans laquelle une seule implantation ne couvre pas l'ensemble. Un chapiteau, où il n'y a aucun mur pour renvoyer la lumière. Une réception de deux cents invités, avec une piste deux fois plus grande à couvrir. Une partie en extérieur à la tombée de la nuit.

Dans ces cas-là, j'ajoute — et c'est exactement ce que font mes formules les plus complètes. La différence, c'est que j'ajoute parce que la salle le demande, pas pour remplir une photo de devis.

La question à poser à votre DJ

« Combien de projecteurs ? Â» n'est pas la bonne question. Celui qui vous répond par un chiffre vous vend un inventaire.

Les bonnes questions sont ailleurs :

« Qu'est-ce que ça va donner dans notre salle ? Â»
« Êtes-vous déjà venu dans ce lieu ? Â»
« À quel moment de la soirée la lumière change-t-elle ? Â»

Un professionnel qui connaît son métier vous parlera de votre lieu, de l'heure du coucher du soleil, de l'emplacement de la table d'honneur et du moment de l'ouverture de bal. Pas de son stock.

C'est aussi pour ça que je retourne volontiers dans les mêmes domaines du Nord et du Pas-de-Calais : la deuxième fois, je sais déjà où poser mes pieds.

Julien

Deejay & animateur de mariage

Parce qu'un mariage ne se vit qu'une seule fois.